Viande et santé : en finir avec la confusion

devenir vegan - comic

Depuis peu, beaucoup de gens se mettent à devenir végétarien. Certains y trouvent leur bonheur, d’autres font marche arrière… Le débat autour de la consommation de viande et de ses impacts sur la santé a semé beaucoup de confusion.

J’ai moi-même beaucoup réduit ma consommation sans pour autant constater de changement dramatique au niveau de ma santé ou de mon bien-être. Voyons plutôt ce que disent les études, et ce qu’il y a derrière. Mais avant toute chose, il faut mettre les choses au clair : de quelle viande parle-t-on ? Bœuf, porc (viande rouge) ? Poulet (viande blanche) ?

Viande rouge vs viande blanche

La viande rouge et la viande blanche contiennent à peu près les mêmes nutriments : protéines, fer, zinc, niacin et vitamines B. Les organes et les os contiennent également beaucoup d’autres nutriments importants pour la santé. La principale différence est que la viande rouge contient généralement plus d’acides gras saturés et de cholesterol. Et ils font la controverse.

boeuf et poulet - comic

Même si le débat est plus souvent porté sur la viande rouge, ce qui s’applique à l’un s’applique finalement très souvent à l’autre.

Ce que disent les études – bonjour la confusion !

Le lien entre la viande et le cancer a fait l’objet de plus d’une centaines d’études épidémiologiques, dans divers pays, avec différents régimes !

Je vais résumer (sans les citer – vous m’excuserez) : la moitié des études disent que c’est bien, l’autre moitié dit le contraire

boeuf bon ou mauvais pour la santé - comic

Mais cela s’explique ! En fait, beaucoup ne prennent pas en compte le facteur qui fait toute la différence : la qualité de la viande. Mais quand on dit “qualité” de la viande, de quoi parle-t-on exactement ?

La qualité de la viande – le facteur clé

La viande transformée

Le premier facteur de qualité de la viande est le fait que la viande ait été transformée ou non, ce qui joue un rôle déterminant pour la santé. Et là, toutes les études sont tout à coup d’accord : la viande transformée est mauvaise pour la santé : accidents cardio-vasculaires1 et cancers2 !

Qu’entend-t-on par “viande transformée” ?
Les viandes qui ont subi des transformations (et, malheureusement, dont les procédés ou additifs sont souvent cancérigènes) : les fast food, les snacks, le bacon, les saucisses, le salami, le jambon de supermarché (bien rose !), la viande en conserve, la viande contenue dans les sauces, les boulettes de viande, le kebab du coin, les nuggets de poulet, etc, etc, etc.

hamburger - drawing

L’alimentation des bêtes : les grains

Il faut également considérer l’alimentation de l’animal : une vache nourrie aux grains et antibiotiques n’aura pas le même effet sur votre santé qu’une vache élevée dans les pâturages. Les études confirment une nette différence dans la qualité de la viande : plus de vitamines A et E, d’antioxydants et d’oméga 33.

Inversement, les grains contiennent beaucoup d’oméga 6 (huile de tournesol, etc.), qui sont nocifs pour la santé à haute dose (pour les animaux comme pour les humains). Ces oméga 6 se retrouvent logiquement dans les animaux qui ont consommé ces grains4.

Au delà des fortes doses d’antibiotiques données aux bêtes et que l’on retrouve dans la viande5 (ainsi que des bactéries résistantes), les oméga 6 provoquent de nombreux dysfonctionnements :

  • oxydation / inflammation
  • cancer
  • obésité
  • problèmes cardio-vasculaires
  • troubles de la fonction immunitaire6

Côté poulet, une étude montre que nourrir des poulets avec de l’orge ou du blé favorise le développement de la maladie Necrotic enteritis, qui se traduit par des nécroses dans le système digestif7. Au lieu de revenir à une alimentation adaptée, les laboratoires préfèrent produire des enzymes digestifs pour palier au problème8. Le business n’a plus de limites… Ne pas se renseigner sur la viande que l’on consomme, c’est les laisser jouer avec notre santé et celle des animaux !

viande nourrie aux grains - comic

Il va sans dire que la viande transformée est presque systématiquement nourrie aux grains…

La cuisson

Trop cuire la viande provoque la production de substances cancérigènes. Cela est d’autant plus vrai pour les modes de cuisson suivant : grill, poêle et barbecue9.

viande grillée cancérigène

Ce serait quand même dommage d’acheter de la viande de qualité et de la rendre cancérigène en la faisant trop cuire…

La modération ?

Enfin, il faut prendre en compte la quantité consommée : pour beaucoup d’aliments, on sait que la modération peut être bénéfique alors que l’excès devient néfaste.

Une méta-analyse sur le cancer du colon a indiqué que le risque augmente de 17% par 100 g de viande rouge journalière (probablement élevée aux grains), et de 18% par 50 g de viande rouge transformée journalière10. Selon les recommandation de la National Food Agency de Suède, l’apport de viande rouge ne devrait pas excéder 500 g par semaine11. Cela me semble encore beaucoup.

viande - boucher

Il n’y a par contre pas de recommandation concernant la consommation minimale de viande rouge.

“Cholesterol”, “Triglycérides” : des mots qui font peur… à tort !

La confusion vient du fait que l’excès de “mauvais cholesterol” (LDL – au demeurant indispensable) ainsi que l’excès de triglycérides (graisses) dans le sang sont associés à un risque élevé d’accidents cardio-vasculaires. Ce que l’on veut nous faire croire, c’est que ces taux sont directement liés aux taux de lipides et cholesterol de notre alimentation. On sait aujourd’hui que c’est faux. Une fois encore, c’est le sucre qu’il faut condamner !

attention à la viande grasse - comic

De plus, la graisse animale (acides gras saturés) que nous consommons sont trop souvent de mauvaise qualité12 : fast foods, snacks et autres produits transformés. Chez les animaux exposés à de fortes doses de toxines, le corps les élimine du sang en emprisonnant ces dernières dans les cellules de graisses (c’est le même mécanisme chez l’homme). On comprend alors vite comment la graisse des animaux élevés dans de mauvaises conditions peut être très dangereuse pour notre santé.

Personnellement, quand je consomme de la viande – donc pas très souvent, et de qualité – je mange volontiers le gras (et celui de l’assiette de mon voisin), et je m’en porte très bien ! Je mange beaucoup d’œufs et de graisses en tous genre – huile d’olive, huile de coco, mais pas trop d’oméga 6 (huile de tournesol, etc. – et je viens de faire une prise de sang : mes niveaux de cholesterol et triglycérides sont tout à fait satisfaisants !

Au delà de la santé : être responsable

Souffrance des animaux

Choisir de la viande de qualité n’est pas qu’une question de santé. C’est aussi une question d’éthique et de responsabilité. Je croise tous les jours des gens qui ignorent les conditions d’élevage des animaux, ainsi que les pratiques scandaleuses de nombreux abattoirs. Beaucoup de personnes préfèrent même ne pas le savoir, afin d’utiliser leur ignorance comme excuse pour ne pas changer leurs habitudes. Une honte…

poules en cage - comic

Pour en savoir plus, je vous conseille le site L214, dont le but est de nous faire prendre pleinement conscience des atrocités infligées quotidiennement aux animaux que nous mangeons, et de lutter contre elles.

Au delà de la souffrance, donner des grains à des animaux programmés pour manger de l’herbe, c’est du n’importe quoi. On les rend malade en connaissance de cause, et on les bourre d’antibiotiques pour les garder en vie…

Etre responsable, c’est se renseigner sur les conditions d’élevage (et de mise à mort) de la viande que l’on achète.

Ecologie

L’élevage bovin est la plus grosse source de pollution de la planète. Si vous n’avez pas vu le film Cowspiracy, je vous le conseille. Le monde est aujourd’hui surpeuplé, et nous continuons de le détruire, notamment pour subvenir à la demande toujours croissante de viande bovine.

élevage bovin intensif

Au delà de la santé, l’écologie est pour moi la raison principale qui me pousse à réduire ma consommation de viande (puis la souffrance des animaux, puis la santé).

Trouver son propre équilibre

Certains trouvent leur bonheur dans un régime végétarien, voire vegan. D’autres ont un régime composé de 100% de viande… et oui, ça existe ! Ce sont souvent des personnes qui ont des problèmes de digestion avec tous les légumes et féculents.

trouver son équilibre - comic

A vous de trouver la quantité de viande qui vous permet de vous sentir à la fois responsable et en bonne santé !

Conclusion

Il me semble que les gens sont perdus, et certains vont probablement réduire leur consommation mais continuer à manger de la viande transformée de chez macdo… il ne faut pas suivre un mouvement sans essayer de le comprendre. Il y a certes un problème quantitatif, mais il est avant tout qualitatif !

Notre regard est souvent porté au mauvais endroit : on cherche à éviter le gras et le cholesterol, on pense que le poulet est moins dangereux que le bœuf… il faut plutôt s’interroger sur la transformation de la viande et les conditions d’élevage. C’est là que se fait toute la différence.

La consommation de viande est donc au milieu de nombreux enjeux : il faut concilier sa santé avec le bien-être des animaux et avec l’écologie. Pour ma part, ma consommation varie d’une semaine sur l’autre, mais j’essaye de maintenir une moyenne de 2 fois par semaine.

Le mot de la fin : il n’est pas possible d’imposer aux gens de devenir végétarien. En revanche, nous pouvons leur expliquer ce qu’il se passe, et les laisser décider en connaissance de cause.

Et vous, quel est votre rapport avec la viande ? Laissez un message dans les commentaires !

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  7. Necrotic enteritis: effect of barley, wheat and corn diets on proliferation of Clostridium perfringens type A.
  8. Effects of diet type and enzyme addition on growth performance and gut health of broiler chickens during subclinical Clostridium perfringens challenge.
  9. Neal D. Barnard, MD, “Foods Against Cancer: An Update.” Good Medicine (Physicians Committee for Responsible Medicine), Spring 1996:16.
  10. Red and processed meat and colorectal cancer incidence: meta-analysis of prospective studies.
  11. Bjerselius R, Konde ÅB, Färnstrand JS. Konsumtion av rött kött och charkuteriprodukter och samband med tjock- och ändtarmscancer av – risk- och nyttohanteringsrapport. Uppsala, Sweden: Livsmedelsverket; 2014
  12. Lean meat and heart health.

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