[Livre] « The salt fix » : les experts se sont trompés sur le sel – James DiNicolantonio

Le régime méditerranéen, qui est aujourd’hui largement recommandé pour une alimentation saine pour le cœur, est très salé (pensez aux sardines et anchois, olives et câpres, fromages affinés, soupes, crustacés et lait de chèvre). Pourtant, on nous recommande de réduire le sel. Alors, que croire ?

Dans ce livre, James DiNicolantonio sait de quoi il parle. Il y aborde le sujet du sel sous tous les angles : évolution, histoire, santé, médecine… Et tout y est soigneusement référencé. Toutes les études menées, les erreurs commises, et ce qu’il faut en conclure. Si vous vous sentez perdus au sujet du sel, c’est clairement un livre à lire !

La mauvaise nouvelle… c’est qu’il n’y a pas de version française ! C’est peut-être l’occasion de travailler son anglais. Quoi qu’il en soit, je ne vous laisse pas tomber et je vous ai résumé ici les grandes lignes, parce que je suis trop sympa ;)

Voir le livre sur Amazon :

Prélude : sel ou sodium ? Quelle différence ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, mettons les choses au clair : le sel est composé de chlorure de sodium.

2,54 grammes de sel contient exactement 1 gramme de sodium. Quand on parle de l’un ou de l’autre, il faut donc convertir avec un facteur de 2,54.

Une cuillère à café de sel contient :

  • 6 grammes de sel
  • 2,3 grammes de sodium

Sel et Hypertension : un mythe indétronable

Depuis plus de 40 ans, nos médecins, nos gouvernements et les associations de santé nous rabâchent que le sel fait augmenter la pression sanguine, et qu’il engendre de l’hypertension.

Tout a commencé en 1904, quand 2 scientifiques français (Amabard et Beauchard) ont fait une observation sur… seulement 6 de leurs patients ! Quand ils leurs donnaient plus de sel, leur tension s’élevait.

À peine quelques années plus tard, en 1907, Lowenstein montra des résultats contradictoires chez des patients atteint de néphrite (inflammation des reins).

Mais depuis, la « guerre du sel » n’a jamais cessé : montrant un coup que le sel provoquait de l’hypertension dans certains cas, puis indiquant le contraire, et ainsi de suite…

Ce qui est sûr, c’est qu’une hypothèse était née, et qu’elle était là pour durer :

Quand on consomme du sel, on a alors soif et on boit de l’eau. Cet excès de sel dans le sang fait alors que l’organisme retient également plus d’eau afin conserver une concentration de sodium identique. On a donc un volume sanguin plus important et donc une pression sanguine plus élevée.

Théorie du sel comme cause d’hypertension.
(C’est bien tenté, mais ce n’est pas si simple)

James DiNicolantonio détaille dans son livre avec précision toute l’histoire de cette « guerre du sel », toutes les études et recommandations alimentaires, tous les biais et toutes les erreurs. En regardant de près, on se rend compte que les « recommandations d’experts » ont pris le dessus par rapport aux résultats de la recherche, soigneusement écartés. Tout y est soigneusement référencé, c’est un travail d’orfèvre. Après cela, difficile de continuer à croire que réduire sa consommation de sel puisse être bénéfique pour la santé. Donc si vous avez encore des doutes après avoir lu cet article, je ne peux que vous encourager à lire ce livre.

En fait, il y aurait entre 20 et 30 pour cent de la population seulement qui seraient sensibles au sel. Il serait donc plus simple d’identifier cette part de la population plutôt que de faire culpabiliser sans raisons plus de 70 % de la population sur leur consommation de sel.

Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. En fait, la sensibilité au sel est dans la majorité des cas une pathologie qui peut être facilement corrigée, comme nous le verrons un peu plus loin. Une fois la rectification faite, on peut alors consommer du sel comme tout le monde.

Et les études, que disent-elles ?

En fait, la réduction de sel augmenterait même la tension sanguine (étude sur 10 jours1) pour :

  • 3/5 des personnes ayant une tension sanguine normale
  • 2/5 des personnes proches de l’hypertension
  • 1/3 des personnes avec de l’hypertension
medecin content - comic

En 1976, Kirdendall et ses collègues ont pris des personnes d’age moyen et les ont fait changer d’un régime très pauvre en sel (230 mg / jour) à un régime riche en sel (9,4 grammes par jours) pendant 4 semaines. Résultats : aucun changement dans les fluides corporels ni dans la pression sanguine.

La résistance vasculaire périphérique a en fait diminué, car la charge saline a provoqué la relaxation des vaisseaux sanguins. Les auteurs ont conclu qu’il n’y avait aucun changement dans la tension artérielle systolique, diastolique ou moyenne. D’autres études ont eu des résultats similaires.

Ce qui est peut-être le plus troublant au sujet des lignes directrices sur l’hyposalinité, ce n’est pas le peu d’effet qu’elles ont sur la tension artérielle lorsque le sel est restreint, mais plutôt l’effet négatif qu’elles ont sur le fonctionnement normal, comme le volume sanguin.

Quand l’ingestion de sel est drastiquement restreinte, le volume de sang peut diminuer de 10 à 15 %2 en à peine 3 semaines !

Si moins de volume sanguin parvient au foie, cela interfère avec sa capacité à éliminer l’insuline, ce qui expliquerait en partie pourquoi le manque de sel fait augmenter les taux d’insuline, comme nous allons le voir plus loin.

La guerre du sel

Tout a commencé en 1954 avec le docteur Lewis K. Dahl, qui a constaté que les populations qui semblaient consommer peu de sel avaient peu d’hypertension, tels que les Inuits. À l’inverse, ceux qui consomment de grandes quantités de sel, tels quel les japonais, ont de plus forts taux d’hypertension. Il a alors voulu prouver cet effet du sel sur l’hypertension des rongeurs.

Mais le docteur Dahl savait que le sel n’avait que peu d’effet sur la pression sanguine des rats. Il a donc effectué des croisement sur plusieurs générations afin d’obtenir une nouvelle sorte de rats qui soient « sensibles au sel ». Il a alors pu montrer un lien entre sel et hypertension – mais uniquement sur ses rats modifiés. Ses travaux ont grandement relancé la machine en faveur de la réduction de sel.

rat - comic

Nous sommes faits pour consommer du sel

Le sodium est requis pour maintenir une quantité optimale de sang dans notre corps (une certaine concentration doit être maintenue) ; il est même nécessaire au cœur pour propulser le sang dans l’organisme. Le sel est nécessaire à la digestion, à la communication entre cellules, à la formation des os et à leur resistance, ainsi que pour prévenir la déshydratation comme nous le verrons plus loin.

La vie a été crée dans les océans, un environment riche en sel. Et puis, quand certaines créatures sont devenues terrestres, elles ont continué à utiliser du sodium pour vivre. Des millions d’années plus tard, nous avons encore beaucoup de sel dans le corps. Cela fait plusieurs dizaines d’années que nous savons que l’eau de mer et notre sang ont une composition minérale similaire. Bon, les océans sont quand même quatre à cinq fois plus salés que notre sang, mais quand même. Les cellules ne peuvent survivre que dans des milieux donc la concentration en électrolytes ne peut varier que faiblement. Il a donc fallu que les premières espèces à quitter les océans développent de puissants systèmes de rétention des minéraux, dont le sodium. Ces systèmes se retrouvent dans les reins, mais aussi dans la peau et la glandes surrénales. Mais, dans certains environnements, cela n’était pas suffisant. De nombreux animaux ont donc dû développer une forte attirance pour tout ce qui est salé afin de maintenir des niveaux suffisants.

Certains animaux chassent leurs proies dans les mers et océans. Ils ingurgitent alors des quantités massives de sel. Pourtant, la concentration en sodium de leur sang n’est pas très différente de la notre. Il faut donc que leurs reins soient capables d’excréter des quantités massives de sel. La physiologie élémentaire de leurs reins étant similaire à la notre, il serait logique que nous ayons donc cette même capacité à pouvoir éliminer de grandes quantités de sodium. Et devinez quoi ? La recherche confirme que nous pouvons facilement excréter dix fois plus du sodium que ce que nous consumons quotidiennement.

D’un point de vue évolutif, les preuves ne suggèrent pas que nous ayons évolué avec un régime faible en sel. Au contraire, la majorité des théories semblent soutenir le fait que nous ayons évolué avec un régime riche en sel.

Au passage… saviez vous que les singes qui s’inspectent les uns les autres ne sont pas du tout à la recherche de puces ou autres parasites ? Ils essayent en fait de trouver les cristaux de sels sécrétés par la peau.

Plus récemment…

N’oublions pas que le sel fût si précieux pour les romains qu’ils l’utilisaient pour payer les soldats. (petit rappel pour les français : c’est de là que vient le mot « salaire » ;) ) La présence de sel à un diner romain était interprétée comme un geste amical, alors que son absence portait à suspicions.

Au 6ème siècle, on estime que les européens consommaient en moyenne 40 grammes de sel par jour. Au 8ème siècle, 70 grammes, principalement issus de hareng et cabillaud (maurue) salés, soit 4 à 7 fois plus que ce que nous consommons aujourd’hui.

sel et travailleurs

En France, en 1725, lorsque des rapports détaillés étaient effectués sur les recettes du sel à cause de fortes taxes, la consommation journalière était entre 13 et 15 grammes par jour. À Zurich, en Suisse, c’était 23 grammes ! Sans parler des pays scandinaves, qui pouvaient atteindre les 50 grammes de sel par jour (Danemark) ! Bref, tout porte à croire que la consommation de sel en Europe durant les siècles précédents était au minimum le double de notre consommation, et jusqu’à 10 fois plus.

Et depuis ?

Voici l’évolution de la prévalence de l’hypertention aux États-Unis :

  • 1900 : 5 à 10 %
  • 1939 : 11 à 13 %
  • 1975 : 25 %
  • 2004 : 31 %

On a réduit le sel, mais pourtant, le taux d’hypertension ne diminue pas… et les maladies chroniques non plus…

Comment en est-on arrivé là ? Des faux pas dans la recherche, de l’arrogance, des conflits d’intérêt, et un refus obstiné d’avouer ses erreurs. Tout est très bien détaillé dans le livre, mais bien trop long à résumer ici.

Nous éliminons très bien le sel

La majorité des agences de santé nous indiquent que la consommation de 6 grammes de sel par jour (= 2,3 grammes de sodium = une petite cuillère de sel) est trop élevée. Pourtant, nos reins filtrent cette quantité toutes les 5 minutes !

En fait, le stress que subissent nos reins viendrait plutôt du fait qu’ils soient obligés de conserver le sodium et de réabsorber les 1,4 à 1,6 kg de sel qu’ils filtrent chaque jour. Ce travail nécessite beaucoup d’énergie, et représente 70 % de la dépense énergétique des reins.

De plus, lorsque la quantité de sel ingérée est supérieure à la quantité nécessaire, l’absorption du sodium au niveau des intestins diminue. Tout simplement.

Manque de sel ?

Voici les symptômes d’un manque de sel :

  • Extrémités froides
  • Urine très foncée
  • Diminution de l’élasticité de la peau
  • Diminution de l’excrétion urinaire de sodium par rapport à l’apport en sodium (le corps garde tout, signe de carence)
  • Diminution du débit urinaire
  • Aisselles sèches et langue sèche
  • Mauvaise recharge capillaire (il faut plus de 2 secondes pour que l’ongle revienne du blanc au rose après avoir été pincé)
  • Tachycardie/sensation d’ivresse/hypotension posturale (survient après s’être levé d’une position assise ou inclinée)
  • Envies de sel
  • Syncope (perte de conscience due à l’hypotension artérielle)
  • Soif

Les risques du manque de sel

Réduire sa consommation de sel…

  • durcit les artères
  • augmente les taux de cholesterol et triglycérides
  • augmente la quantité de marqueurs de l’inflammation
  • augmente la viscosité sanguine (ce qui bouche les artères : « thrombose »)

Et les études montrent que la restoration d’un niveau de sel adéquat (entre 3 et 20 grammes par jours durant 5 jours) permet de restaurer significativement ces pathologies.

Réduire sa consommation de sel endommagerait également les reins sur le long terme. Mais aussi :

  • augmentation de l’anxiété
  • augmentation du risque de fractures osseuses
  • perturbation de la bonne oxygénation de l’organisme
  • élargissement et durcissement du cœur3
  • augmentation des risques d’arthrite
  • réduction de la fertilité

La vraie cause des maladies cardiaques : le sucre

Le diabète

Les lignes directrices de l’alimentation américaine, légèrement influencées par les lobby, stipulaient en 1980 :

Il n’y a pas de preuves convaincantes que le sucre cause des crises cardiaques ou des maladies des vaisseaux sanguins.

Puis les études menées a la fin des années 1980 jusqu’en 2000 ont commencé à montrer que l’obésité était caractérisée par un niveau élevé d’insuline, et que traiter ces niveaux d’insuline pourrait améliorer la pression sanguine.

Mais ce n’est pas tout ! La recherche montre également que si l’on parvient à éliminer le phénomène de resistance à l’insuline (qui mène au diabète), alors l’hypertension causée par le sel disparaît !

En clair :

C’est l’excès de sucre qui fait que le sel fait augmenter la pression sanguine.

sucre

Les glucides font augmenter la pression sanguine et la vitesse des battements du cœur. Quand on réduit le sel, l’organisme active des mécanismes de survie afin de conserver autant de sel que possible. Parmi ces mécanismes, il y a l’élévation du niveau d’insuline (de 10 à 50 %), hormone qui permet de retenir le sodium.

Nos cellules graisseuses deviennent alors résistantes à l’insuline afin d’éviter que le taux élevé d’insuline ne fasse chuter la glycémie. L’augmentation des niveaux d’insuline et la résistance à l’insuline sembleraient être des mécanismes d’adaptation au manque de sodium.

Cette résistance augmente finalement la glycémie, ainsi que les niveaux d’acides gras, ce qui abîme les vaisseaux sanguins et cause le stockage de graisse autour de nos organes vitaux au lieux de nos cellules graisseuses (résistantes). Finalement, l’augmentation des niveaux d’insuline nous fait grossir et nous donne faim.

Quand les niveaux d’insuline sont élevés, le seul macronutriment que l’on peut utiliser efficacement sont les glucides (sucres rapides et lents). On éprouve alors des envies insatiables de glucides et sucre raffiné car à ce moment les glucides sont la seule source d’énergie utilisable.

Plus de sucre ? Plus de sel.

La consommation de sucre faut augmenter le taux de glucose dans le sang. Au delà de la sécrétion d’insuline, cela provoque également l’augmentation du volume sanguin (pour diminuer la concentration de glucose), en utilisant l’eau stockée dans les cellules si besoin. Cette augmentation de volume sanguin provoque une diminution de la concentration de sodium. Il faut donc consommer plus de sel lorsque l’on consomme beaucoup de sucre.

De plus, si votre nourriture est faible en sodium, votre corps risque de vous pousser à consommer toujours plus, afin d’essayer d’obtenir plus de sodium.

Retour sur les risques de manque de sel

Sel et problèmes cardiovasculaires

Quand le cœur se contracte, il envoie du sang vers tous les organes… sauf lui-même ! C’est quand le cœur se relâche qu’il se remplit de sang et qu’il s’oxygène. Si les battements du cœurs accélèrent, le cœur reçoit moins de sang et donc moins d’oxygène. Une fréquence cardiaque élevée (manque de sel) met le cœur en danger.

électrocardiogramme - dessin

Une étude4 de 2011 sur 3681 participants a montré que ceux qui consommaient un régime pauvre en sel avaient 5 fois plus de risque de décès par accident cardiaque.

Le cortisol (stress)

Le cortisol, fameuse hormone du stress, libère le sodium stocké dans la peau pour nous soutenir durant les moments de stress, nous rendant ainsi plus efficaces. L’augmentation du cortisol déclenche l’augmentation du sodium dans le sang, du volume sanguin, et de la pression sanguine. Cela nous rend plus performant sur le très court terme, mais sur le long terme, les effets peuvent devenir catastrophiques.

Et ce n’est pas tout ! Le cortisol fait également augmenter les niveaux d’insuline. Cette hormone serait l’une des raisons qui fait que l’on devient sensible au sel pour l’hypertension.

Qu’est-ce qui fait augmenter le taux de cortisol ? Le stress, mais aussi… les glucides !

Déhydratation

3 facteurs peuvent mener à la déshydratation :

  • le manque d’eau
  • l’exercice
  • le manque de sel

Le niveau de déshydratation se mesure en évaluant le taux de sodium dans le sang. S’il est élevé, c’est signe de déshydratation.

La quantité de sodium dans le corps est directement liée au volume d’eau, car la concentration doit rester constante. Ainsi, un faible taux de sodium implique un faible volume d’eau retenu par l’organisme.

La déshydratation peut engendrer de graves problèmes aux niveaux :

  • cardiovasculaire
  • du système nerveux central
  • de la thermorégulation
  • des performances sportives

Grossesse

Un régime faible en sel comporte de nombreux risques pour la mère et le fœtus.

  • moins de chances d’être enceinte
  • plus de risques de fausse couche
  • plus de risques de naissance prématurée
  • plus de risque de mort du nourrisson
  • plus de risques de saignement de la mère
  • plus de risques de pré-éclampsie
  • plus de risques d’avoir un bébé en sous-poids avec une addiction chronique au sel, avec des risques augmentés d’obésité, de résistance à l’insuline, d’hypertension et de problèmes rénaux
femme enceinte - comic

Pour info, la WHO (World Health Organisation) recommande également aux femmes enceinte de consommer 250 microgrammes d’iode par jour.

Infections urinaires

La réduction de consommation de sodium réduit le volume d’urine5, ce qui réduit notre capacité à se débarrasser des déchets métaboliques du corps et augmente le risque d’infections urinaires.

pisser contre un arbre - comic

Les opiacés

Il semblerait que certains mécanismes du sels soient partagés les opiacés (codéine, morphine, héroïne, etc). Un manque de sel nous rend logiquement plus sensible au sel, mais cette attirance s’applique également à cette famille de substances addictives.

Sodium et exercice

Il est recommandé de consommer plus du sel avant et durant l’exercice. Une cuillère à café (=2,3 grammes de sodium) de sel par litre d’eau permet de limiter la perte de fluides durant l’exercice. Vous pouvez par exemple mettre le sel directement dans la bouche, sans eau, et boire ensuite.

Cela pourrait suffire à :

  • avoir moins de sensation de soif
  • avoir une meilleure endurance
  • avoir de meilleures performances
  • augmenter la masse musculaire
  • réduire le risque de carence en sodium et en iode
  • améliorer le fonctionnement des reins
courrir et transpirer - dessin comic

Vous vous sentez paresseux ? Le corps veut éviter à tous prix de vous faire transpirer si vous êtes en carence de sodium. Cela serait en effet dangereux.

Sel et conservation des aliments

Les aliments auxquels on a rajouté du sel se conservent mieux, c’est connu. En effet, le sodium limite la croissance des bactéries. Inversement, les aliments non salés contiennent potentiellement plus de bactéries pathogènes. La réduction sel oblige donc :

  • soit à réduire la date limite de consommation des produits
  • soit à rajouter d’autres produits chimiques pour limiter le développement des bactéries

De combien de sel a-t-on réellement besoin ?

Avant de vous jeter sur le sel, vous pouvez consultez votre médecin et faire tester votre niveau de sodium. Cela peut être très constructif de savoir si vous étiez en déficit et voir seulement ensuite si la réintroduction du sel a amélioré votre condition.

Contrairement au sucre, l’attirance pour le sel s’interrompt lorsque nous en avons suffisamment. Il n’y a pas ce phénomène d’addiction, autant physique que psychologique, que l’on retrouve avec les glucides. Il suffit simplement d’écouter son corps. Si, durant plusieurs jours, vous consommez jusqu’à 8 ou 10 grammes de sel par jour, ce n’est pas que vous êtes addicts au sel, mais plutôt que votre corps était en carence sévère et qu’il a besoin de refaire ses réserves. Nos mécanismes instinctifs sont malins : ingérer du sel doit être un plaisir.

Pyramide de sel de Guérande

D’après les études, la consommation idéale se situe entre 3 et 6 grammes de sodium par jour – entre 1,3 et 1,6 cuillère à café de sel. Et non pas un maximum de 2,3 grammes tel que recommandé (sans fondement) par les organismes de santé.

Plus votre corps est en manque de sel, et plus vous allez y être sensible. Instinctivement, le corps vous donne ainsi tous les moyens nécessaires afin de pouvoir identifier les sources de sel et de les privilégier – et donc de refaire le plein. C’est un mécanisme de survie.

Notre cerveau et notre corps savent automatiquement déterminer les niveaux de sels que nous ingérons, que nous réabsorbons et que nous excrétons. Il suffit donc d’écouter son corps pour obtenir une quantité de sodium optimale dans l’organisme.

Vous avez arrêté de consommé du sel et vous avez l’impression de ne pas en avoir besoin ? Cela pourrait s’expliquer par le fait que vos reins sont très efficaces pour ce qui est de la rétention du sel. Chaque milligramme est retenu. Pourtant, il semblerait que ce choix soit d’origine consciente et non instinctive. Il est donc possible d’avoir un taux de sel équilibré en ingurgitant seulement entre 230 et 300 milligrammes de sodium par jour, mais cela ne veut pas dire que c’est la formule optimale pour être en bonne santé et vivre vieux. Sur le long terme, vous pourriez user vos reins.

Plus de sel ?

Voici les conditions qui font que nous avons un besoin de sel supérieur à la moyenne :

  • la surconsommation de sucre peut endommager les reins (qui ne retiennent plus aussi bien le sodium)
  • des maladies chroniques (Hypothyroïdisme, insuffisance rénale, insuffisance cardiaque congestive)
  • les diurétiques, qui provoquent l’élimination de sodium.
  • d’autres médicaments courants (anti-dépresseurs, anti-psychotiques, et certains médicaments contre le diabète)
  • les boissons caféinées : café, thé, boissons énergisantes (la caféine est un diurétique naturel)
  • la transpiration intense (exercice, sauna)
  • le régime hypocalorique ou jeûne (intermittent et surtout prolongé)
  • l’inflammation des intestins (qui n’absorbent plus le sel correctement)
  • l’autisme
  • la nicotine (qui provoque de la rétention d’eau)
bonhomme qui se met du sel directement sur la langue - comic

Idéalement, il faudrait toujours être en surplus de sel. Cela permettrait de pouvoir faire face aux différentes pathologies capables de nous vider notre sodium :

  • divers maladies
  • diarrhée
  • infections
  • perte de sang
  • transpiration

De plus, le surplus de sodium permet de garder un taux bas pour les hormones dont le rôle est de garder le sel (insuline). Sachant qu’un excès de ces dernières peut endommager les organes vitaux.

Avec l’âge…

Avec l’âge, la capacité des reins à retenir le sodium diminue. Il faut donc augmenter sa consommation de sel.

Jeûne et régime cétogène

La réduction calorique provoque l’augmentation de l’excrétion de sodium. Ce phénomène est temporaire, le temps que l’organisme s’adapte au changement radical que cela représente. En effet, le corps change de source d’énergie principale (glucides -> corps cétoniques). Il est donc judicieux d’ajouter dans ce cas 2 grammes de sel supplémentaires par jour afin de compenser cette perte durant la première semaine de transition.

N’oubliez pas l’iode

L’iode est également primordiale pour le bon fonctionnement du corps, et il y a des chances que l’on en soit également carencé. L’iode se trouve dans :

  • les algues marines
  • la canneberge (cranberry)
  • les œufs
  • les produits laitiers

Mais pour la majorité d’entre nous cela n’est pas suffisant et il faudrait se supplémenter.

N’oubliez pas le potassium

Le potassium, qui se trouve principalement dans les fruits et légumes, jouerait également un rôle critique par rapport à la régulation de la pression sanguine. Évidemment, la consommation de sel ne vous épargne pas une alimentation équilibrée.

mélange de fraises, bananes, poivrons, asperges, etc.

Contre-indications

Très peu de personnes sont concernées par un risque de rétention de sodium :

  • Hyperaldosteronisme
  • Maladie de Cushing
  • Syndrome de Liddle

Pour les autres, pour rappel, si nous consommons trop de sel :

  • L’excès est excrété par les reins
  • Les intestins choisissent d’en absorber moins
  • Donc tout va bien \o/

J’ai essayé !

J’aime bien expérimenter les choses par moi-même quand c’est possible. J’ai donc consommé pendant 10 jours du sel à volonté. Même légèrement plus que ce dont j’avais vraiment envie. Résultat après 10 jours : tension impeccable !

ma tension : 12 / 8
12 / 8 : aucun problème de pression sanguine

Conclusion

Bravo d’avoir lu jusqu’ici ! Je dois avouer que cet article est trop long, mais je n’ai pas pu réduire car tout m’a semblé important.

Ce livre est une mine d’or. L’or étant ici le sel \o/

Il n’est pas question de consommer trop de sel. L’excès n’est jamais bon. Comme souvent, écouter son corps est le maître mot. Pour ce qui est du sel, suivez votre instinct.

Il est aussi très important pour moi de mettre fin aux recommandations alimentaires sans fondement scientifique solide. La réduction du sel contre l’hypertension en est une. Non seulement elle prive certains d’entre nous d’un certains plaisir gustatif, mais elle nous fait surtout prendre d’énormes risques pour notre santé. À la fin, c’est nous qui payons le prix, pas ceux qui font les recommandations.

Bref, je ne veux pas spécialement entrer dans la polémique. Je pense notamment à tous ces médecins qui, en bons élèves, recommandent malgré eux à leurs patients de réduire le sel. Mon père, qui est cardiologue, en fait partie. Et je ne lui jette pas la pierre. Les rouages de la médecine sont diaboliques.

Toutes les explications de ce livre ont du sens pour moi, et je me suis réconcilié avec le sel. Je vais donc faire confiance à mon instinct.

Et vous, quel est votre rapport au sel ? Laissez moi un petit mot dans les commentaires, je me ferai un plaisir de vous lire.

Voir le livre sur Amazon :

  1. Divergent blood pressure responses during short-term sodium restriction in hypertension.
  2. Salt, Volume and the Prevention of Hypertension
  3. FGF23 regulates renal sodium handling and blood pressure.
  4. Fatal and nonfatal outcomes, incidence of hypertension, and blood pressure changes in relation to urinary sodium excretion.
  5. Hypertension : Salt restriction, sodium homeostasis, and other ions

7 réflexions sur « [Livre] « The salt fix » : les experts se sont trompés sur le sel – James DiNicolantonio »

  1. Etant donné qu’aucune traduction n’est faite de ce livre qui a l’air fort intéressant, merci beaucoup pour ce résumé et tes recherches en général. Il est vrai que l’ingestion de sel me permets généralement de couper court aux énormes coups de barres de la fatigue chronique. En est-il de même pour toi ? Tu as brièvement évoquer les glandes surrénales, il y a t il d’autres informations concernant le lien entre sel, glandes surrénales et cortisol dans ce livre ? Bisou cordial

  2. Bonjour ,

    J’ai lu cet article plusieurs fois avec grande attention . J’ai appris une notion importante , la liaison entre cortisol , insuline ,,sel . En effet rien n’est blanc ni noir , et dire qu’il suffit de diminuer le sel pour traiter l’hypertension m’a toujours paru extrêmement simpliste.

    Par contre je lis régulièrement que des tribus de chasseurs cueilleurs de la forêt amazonienne consomment très peu de sel et sont en excellente santé cardiovasculaire.

    Nous mentirait on à ce sujet ?tk

  3. Oufff, j’ai réussi à aller jusqu’au bout. Pas facile ! ! ! , Dommage, rien sur la rétention, rien sur les électrolytes ? Curieusement, je pensais que c’était le potassium qui régulait la tension ? J’ai lu des articles qui expliquent qu’il y a 30 ans et plus, c’est le potassium qui était au dessus du sodium, question alimentation. et avec notre salle bouffe c’est le sel qui est passé au dessus. Vas comprendre, Charles ???
    Mais parler du sel, sans parler du potassium et du calcium, c’est pisser, sans parler du violon.
    Et pour le régime Méditerranéen, son succès viens principallement des polyphénols et pas du sel. Vin rouge, huile d’olive, olive. Ou est le sel ?
    Non, cela ne m’intéresse pas de vous suivre. Je ne vois pas ce que viens faire le régime Méditerranéen dans votre exposé ? C’est l’homme à abattre ?

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