12 très bonnes raisons de ne plus jamais respirer par la bouche

respirer par la bouche - comic

Respirer par la bouche n’a pas comme seul effet de vous donner un air stupide. L’implication du nez dans la respiration joue un rôle primordial. La bouche sert à boire, à manger, à parler, éventuellement à chanter ou embrasser… elle n’a en tous cas pas été conçue pour respirer.

On peut le constater chez les animaux : ils respirent tous par les naseaux (mis à part le chien qui peut utiliser sa bouche comme système de refroidissement, mais l’homme n’en est pas capable, ça se saurait…). D’ailleurs, un fermier identifiera immédiatement un animal qui respire par la bouche, ce qui est toujours le signe alarmant d’une mauvaise santé.

fermer la bouche - comic

Que ce soit pour inspirer ou pour expirer, que vous dormiez ou lorsque vous faites du sport, le nez représente toujours le bon tuyaux ! Voyons pourquoi.

La respiration buccale assèche la bouche

Cela ne semble à priori pas être un gros problème. Et pourtant ! La bouche produit constamment de la salive. Si vous utilisez la bouche pour respirer, cette production de salive est asséchée et ne parvient pas à l’estomac. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’apport de salive dans l’estomac joue un rôle constant : même lorsque l’estomac est vide ! La salive y joue également un rôle d’entretien et de nettoyage.

Le nez est un filtre

Le nez filtre les particules de l’air, notamment grace à ses poils. Il empêche par exemple le pollen d’entrer dans les poumons. Une étude a pu montrer qu’une densité trop faible de poils dans le nez augmente les risques d’asthme1.

Cyrano de bergerac
Cyrano de bergerac, célèbre pour son nez, était probablement en bonne santé :p

Le nez permet de réchauffer l’air

Un air trop froid représente une agression pour les poumons. Les cavités nasales étant plus longues et la respiration nasale étant généralement plus lente, cela permet de réchauffer l’air qui pénètre dans les poumons.

le nez réchauffe mieux l'air que la bouche - comic

Le nez permet d’humidifier l’air

De même que le froid, un air trop sec n’est pas bon pour les poumons. Le nez permet d’humidifier l’air qui pénètre les poumons. Et cette humidité n’est pas perdue pour autant : en expirant également par le nez, ce dernier est également capable d’en récupérer une partie.

L’Oxyde Nitrique (NO)

Les sinus libèrent un gaz, l’Oxyde Nitrique (NO), qui se mélange à l’air que nous inspirons2. Ce gaz joue deux rôles principaux.

NO : un gaz protecteur

Le NO, que l’on a longtemps cru toxique, stérilise l’air inhalé en tuant ou affaiblissant les bactéries et virus qui pénètrent les poumons. Il permet donc d’éliminer les bactéries potentiellement nocives telles que la Salmonelle ou la Shigelle. Cela permet ainsi de protéger les poumons des inflammations provoquées par ces agents pathogènes.

nitric oxide : a protective gaz - comic

Donc logiquement, quand quelqu’un est malade (grippe ou rhume), vous avez plus de chance d’être contaminé si vous respirez par la bouche.

NO : un gaz dilatateur

Le NO est utilisé en médecine pour dilater les artères (vaso-dilatateur) et diminuer la pression sanguine. Lorsqu’il est inhalé, il dilate les artères présentes dans les alvéoles, ce qui maximise la pénétration de l’oxygène dans le sang.

NO - gaz dilatateur - comic

Humming : le super pouvoir des moines

Il a été observé que le fait de faire de longs “Hummmmmm” (comme les moines et autres gens bizarres) permet de décupler temporairement (de l’ordre de 15 minutes) la production de NO3. Impressionnant, non ? Ca donne tout de suite moins envie de se moquer et beaucoup plus envie d’essayer cette fameuse technique !

humming - comic

En revanche, mauvaise nouvelle, cela ne fonctionne pas si vous avez une obstruction des sinus4.

Le chemin poumons-nez est plus grand que le chemin poumons-bouche

“Et donc ?” me direz vous. Et bien, lorsque nous respirons, nous gardons habituellement une certaine quantité d’air dans les poumons : ils ne se vident jamais complètement. Cela permet d’assurer que le mélange d’air (ancien + nouveau) conserve une température et humidité acceptables, et permet la conservation qu’une certaine concentration du gaz NO que nous avons vu précédemment.

Et donc : lorsque vous expirez, une partie de l’air va jusqu’au nez mais ne sort pas du corps. Cet air joue donc le même rôle que l’air qui est resté dans les poumons car il reste chaud, humide et ne change pas de composition. Au contraire, respirer par la bouche diminue la quantité d’air qui reste dans le corps entre deux respirations.

Le système immunitaire

Lorsque l’on respire par le nez, les particules filtrées sont emprisonnées dans du mucus. Ce dernier va ensuite descendre dans l’estomac : les agents pathogènes qu’il contient vont alors être tués où affaiblis par les enzymes et l’acide chloridrique. Une fois affaiblis, ces virus ou bactéries vont entrer dans les intestins et vont être identifiés par le système immunitaire (via le même principe que le vaccin).

Le sport

Lorsque l’intensité de l’exercice reste suffisamment modérée, il est tout à fait possible de ne respirer que par le nez durant l’effort. Une étude portant sur un exercice de faible intensité a pu constater que les participants respirant par le nez utilisaient, pour un même effort fourni, une légèrement plus petite quantité d’air dans les poumons (volume tidal) et une beaucoup plus faible fréquence de respiration5. Cela laisse donc supposer que la respiration nasale permet une meilleure pénétration de l’oxygène dans le sang. Merci NO !

Le sport augmente le rythme respiratoire. Si-l-on respire par la bouche, les problèmes vu précédemment vont alors s’amplifier : assèchement de la bouche, air trop sec et trop froid dans les poumons… Pour peu que vous fassiez votre sport dans une ville polluée ou près de champs couverts de pesticides…

Une étude de 2011, avec des suédois qui pédalent

Une étude suédoise6 de 2011 sur 10 personnes a montré des résultats significatifs. Les sujets faisaient 30 minutes de vélo en ne respirant que par la bouche, puis recommençaient deux jours après en ne respirant que par le nez, et ainsi de suite pendant 3 semaines.

conscious breathing nasal vs mouth study - biking with scotch on mouth or nose

Les résultats de la respiration nasale (comparativement à la respiration buccale) :

  • Réduction de l’acide lactique de 11%
  • 22 respirations de moins en moyenne (pour le même effort sur 30 minutes – et une réduction jusqu’à 31% chez un sujet)
  • 4 sujets sur 10 ont pu pédaler avec une intensité supérieure
  • Clas Björling, suédois ancien recordman de triathlon a montré 38% d’acide lactique en moins et un rythme cardiaque 10% plus lent
  • Un des sujets a fait une crise d’asthme lorsqu’il respirait par la bouche, alors qu’il n’avait aucun problème en respirant par le nez

A noter : au repos, la respiration représente 3 à 5% de notre consommation d’énergie. Respirer par le nez diminue le nombre de respirations et réduit donc légèrement notre consommation d’énergie.

Après cette étude, tous les participants ont admis qu’ils comptaient utiliser la respiration nasale autant que possible, que ce soit au quotidien ou durant l’exercice, car cela leur semble plus naturel.

Et plus encore…

Monoxyde de carbone et cigarette

Une étude portée sur des fumeurs à pu montrer que le nez filtre le monoxyde de carbone. Après avoir fumé une cigarette, ceux qui respiraient par la bouche rejetaient du CO alors que ceux qui respiraient par le nez n’en rejetaient pas7. Certes, cela porte sur la filtration de l’air qui sort et non de l’air qui entre, mais je me permets de supposer la réciproque. Sachant que le monoxyde de carbone est un gaz très toxique, ce n’est pas rien !

co fumé : nez vs bouche - diagramme

fumer par le nez - comic

Une mauvaise ventilation du cerveau

Des similitudes ont été observées au niveau du cerveau entre les enfants qui respirent par la bouche et les adultes qui font de l’apnée du sommeil.8

Le système nerveux

Chez les souris, la respiration par la bouche provoque une acidose (le sang devient trop acide), qui indirectement perturbe l’activité du système nerveux central9 (qui comprend donc principalement le cerveaux).

L’asthme

Chez certains sujets, le simple fait d’être contraint à respirer par la bouche suffit à déclencher une crise d’asthme10. On suspecte même la respiration orale d’être à l’origine de certaines exacerbations aiguës de l’asthme.

Les solutions

Si vous constatez que vous respirez souvent par la bouche, la première chose à faire, c’est de la fermer ! Prenez le temps de vous concentrer sur une respiration calme et nasale, afin d’encrer ce mécanisme (c’est une forme de méditation). Ré-apprenez à respirer !

Si le problème se produit la nuit, c’est un peu plus compliqué. Certains témoignent qu’un simple scotch sur la bouche suffit à corriger le problème (à essayer). Sinon, il existe certains dilatateurs de narine, tel que le “Nozovent“, qui seraient assez efficaces :

  • réduction de l’asthme nocturne11
  • diminution des ronflements et de la sensation de fatigue au réveil12
  • amélioration de la saturation d’oxygène artérielle durant l’apnée du sommeil13

nozonvent

Les prothèses dentaires, elles, ne semblent pas vraiment efficaces14

Conclusion

pinocchio

Il y a encore peu de temps, je ne soupçonnais pas que respirer par la bouche puisse-t-être la source d’autant de problèmes. L’air que nous respirons contient beaucoup d’éléments qui représentent un stress pour les poumons : il est souvent froid, sec, plein de virus, bactéries, pollens, produits chimiques… Le nez est un outil très puissant et nous devons l’utiliser en permanence ! En tous cas moi j’en suis convaincu : je vais m’efforcer de respirer par le nez autant que possible !

Et vous ? Est-ce que cet article change votre vision des choses concernant votre respiration ? Laisser un petit mot dans les commentaires !

  1. Does nasal hair (vibrissae) density affect the risk of developing asthma in patients with seasonal rhinitis?
  2. Primarily nasal origin of exhaled nitric oxide and absence in Kartagener’s syndrome
  3. Humming Greatly Increases Nasal Nitric Oxide
  4. Humming-induced release of nasal nitric oxide for assessment of sinus obstruction in allergic rhinitis: pilot study.
  5. Comparison of maximal oxygen consumption with oral and nasal breathing.
  6. Pilot study – nasal vs. mouth breathing
  7. Nitric oxide but not carbon monoxide is continuously released in the human nasal airways
  8. Mouth breathing children have cephalometric patterns similar to those of adult patients with obstructive sleep apnea syndrome.
  9. Mouth breathing increases the pentylenetetrazole-induced seizure threshold in mice: a role for ATP-sensitive potassium channels.
  10. Enforced mouth breathing decreases lung function in mild asthmatics.
  11. Reduced nocturnal asthma by improved nasal breathing.
  12. Improved nasal breathing reduces snoring and morning tiredness. A 6-month follow-up study.
  13. Increased nasal breathing decreases snoring and improves oxygen saturation during sleep apnoea.
  14. Obligatory nasal breathing: effects on snoring and sleep apnoea.

2 réflexions sur « 12 très bonnes raisons de ne plus jamais respirer par la bouche »

  1. tu t’en rends assez facilement compte quand tu cours en hiver. quand tu respires par la bouche assez rapidement tu as la gorge la trachee et les poumons en feu. Cela a pour résultat du moins pour ma part de déclencher des quintes de toux assez énormes après l’effort et sur un temps assez long.
    En respirant par le nez on atténue cette sensation de brûlure, sans pour autant la faire disparaître completement puisque en plein effort la quantite d’air inspiré a chaque inspiration, la vitesse d’inspiration et la répétition plus importante qu’au repos entraîne un refroidissement significatif des sinus et et du chemin respiratoire.

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