[Livre] « Quand le corps dit non – Le stress qui démolit, de Gabor Maté

La puissance de la connection entre le corps est l’esprit n’est pas nouvelle. Elle a été étudiée, confirmée… maintes fois… puis… oubliée ! Ou simplement ignorée ! Dans son livre « Quand le corps dit non », Gabor Maté nous montre que la majorité des pathologies ont pour origine des troubles psychologiques. Il s’appuie sur des études, mais décortique également des cas concrets. Il nous montre comment certains façons inconscientes de penser, et plus particulièrement de gérer les émotions, peuvent mener à la maladie.

Je vais essayer via cet article de retranscrire les concepts essentiels de se livre. Mais cela ne suffira pas pour bien les comprendre et assimiler.
Je ne peux donc que vous encourager vivement à lire ce livre dans son ensemble :

Le cerveau, origine des pathologies

Tous ces médecins qui nous disent que « c’est dans la tête » ont-il donc raison ?
Oui et non.
Non : pas dans le sens péjoratif et dédaigneux impliqué par cette phrase.
Oui : le problème est dans la tête, certes, mais il a été programmé tout au long de notre enfance et il échappe complètement à notre inconscient.

cerveau - dessin

Tout au long de son livre, Gabor Maté aborde diverses catégories de profiles qui mènent à diverses maladie :

  • ne pas savoir dire non
  • ne pas exprimer ses émotions (surtout la colère)
  • vouloir être hyper autonome (ne jamais demander d’aide)
  • vouloir guérir le monde (avant soi-même)

Ces problèmes psychologiques sont souvent ancrés en nous depuis l’enfance.
Et ils impactent profondemment notre métabolisme.

Les pathologies dont nous souffrons ne sont pas tant causés par une attaque extérieure que par le dérèglement de nos systèmes internes, avec comme chef d’orchestre un stress chronique latent et invisible.

Ainsi, le problème ne provient pas des événements qui se produisent, mais de la façon dont nous y réagissons.

Lentement mais sûrement, ces réactions dé-harmonisent nos mécanismes les plus précieux :

  • le système hormonal
  • le système immunitaire
  • le système digestif

Nous savons aujourd’hui que les hormones encouragent la croissance des tumeurs. De même, un système immunitaire diminué ne combat plus efficacement les cellules cancéreuses.

La majorité du temps, nous ne sommes pas du tout conscient de nos troubles. Nous ne ressentons pas ce stress, avec lequel nous vivons depuis toujours. Nous ignorons nos problèmes émotionnels, que le cerveau à choisi d’enfouir profondément dans l’inconscient.

Pour les personnes habituées à des niveaux élevés de stress interne depuis la petite enfance, c’est l’absence de stress qui crée un malaise, évoquant l’ennui et un sentiment d’insignifiance.

Des pathologies pré-destinées ?

Gabor Maté va encore plus loin, en liant certaines pathologies à des profiles psychologiques :

  • SLA (sclérose latérale amyotrophique)  : ne demandent pas d’aide et excluent systématiquement les émotions négatives
  • Cancer : suppression des émotions, surtout de la colère
    • Par exemple : les gens qui ne savent pas exprimer leurs émotions efficacement ont 5x plus de risque de développer un cancer du poumon.
      (Fait intéressant : tous les fumeurs n’ont pas systématiquement un cancer du poumon. C’est un facteur de risque, mais il n’y a pas de causalité.)
  • Alzheimer : suppression des émotions
  • les personnes atteintes de la polyarthrite rhumatoïde incluent le perfectionnisme
  • Maladies cardiaques  : personnes hyper-réactives


Note 1 : ces résultats sont issus de différentes études.
Note 2 : cela est très schématisé.
Note 3 : c’est fou quand même !

personnage dubitatif - comic

Ainsi, dans certaines études, des chercheurs ont été capables de prédire quels sont les patients qui développeront des pathologies avec une probabilité déconcertante. Et ce, uniquement via un questionnaire permettant de dévoiler leur profile psychologique.

La douleur comme message du corps

Lorsque nous réprimons nos émotions, le corps ne parvient plus à communiquer avec nous. Quelque chose ne va pas, mais il n’arrive pas à nous le dire. La douleur est alors pour lui un moyen ne nous transmettre un message.

Ainsi, on s’est rendu compte qu’un stress émotionnel chronique suffit à diminuer le seuil de la douleur et à induire une hypervigilance dans le cerveau.

Une étude s’est aperçu que pour un groupe de patients la perception des brûlures d’estomac associées au reflux était nettement accrue pendant des stimuli stressants. Pourtant, les mesures objectives des niveaux d’acidité restaient inchangées d’un stimulus à l’autre.
Ce qui signifie que le stress a abaissé le seuil de la douleur.

Il en va de même pour certaines douleurs intestinales.

Lorsque vous ne prêtez pas attention aux signaux émotionnels, votre corps vous dit : « OK, voici des signaux physiques pour toi ». Si vous ne faites pas attention à eux non plus, alors vous avez vraiment de gros problèmes.

Gabor Maté – Quand le corps dit non – Le stress qui démolit

Tout commence très tôt

Une expérience à comparé de groupes de bébés sur 2 semaines seulement. Le premier groupe était touché pendant 15 min, 3 fois par jour. Le second groupe n’était pas touché. Les autres conditions étaient identiques.

dessin de bébé content

« Le fait d’offrir cette forme de stimulation à ces bébés a entraîné une accélération significative de la prise de poids, une augmentation de la circonférence de la tête et une amélioration des indices comportementaux « , par rapport au groupe témoin.

Gabor Maté – Quand le corps dit non – Le stress qui démolit

Devenir malade sans événement traumatique ?

Mais pourquoi de nombreuses personnes développent-elles des maladies liées au stress sans avoir été maltraitées ou traumatisées ?
Ces personnes souffrent, non pas parce que quelque chose de négatif leur a été infligé, mais parce que quelque chose de positif leur a été refusé.

Si la maltraitance est une source majeure de ce stress, il en existe d’autres sur l’enfant en développement qui sont plus subtils, moins visibles, mais néanmoins nuisibles.

Nous ne parlons pas ici d’un manque d’amour parental, ni d’une séparation physique entre le parent et l’enfant, mais d’un vide dans la perception de l’enfant d’être perçu, compris, empathisé et reçu au niveau émotionnel. Nous nous retrouvons alors avec une proximité physique mais une séparation émotionnelle.

bonhomme triste

La plupart des parents ressentent un amour inconditionnel pour leurs enfants, mais ce n’est pas ce qui compte. Ce qui compte, ce sont les perceptions inconscientes de l’enfant, basées sur la façon dont il interprète le monde.

Aucun des nombreux adultes interrogés pour ce livre n’a pu répondre par l’affirmative à la question suivante : Lorsque, enfant, vous vous sentiez triste, bouleversé ou en colère, y avait-il quelqu’un à qui vous pouviez parler – même si c’était cette personne qui avait déclenché vos émotions négatives ? En un quart de siècle de pratique clinique, dont une décennie de travail palliatif, je n’ai jamais entendu une personne atteinte d’un cancer ou d’une autre maladie ou affection chronique répondre oui à cette question. De nombreux enfants sont conditionnés de cette manière, non pas en raison d’un préjudice ou d’un abus intentionnel, mais parce que les parents eux-mêmes sont trop menacés par l’anxiété, la colère ou la tristesse qu’ils ressentent chez leur enfant – ou sont simplement trop occupés ou trop harcelés pour y prêter attention. « Ma mère ou mon père avait besoin que je sois heureux » est la formule simple qui a entraîné de nombreux enfants – et plus tard des adultes stressés et déprimés ou physiquement malades – dans des schémas de répression qui dureront toute leur vie.

Gabor Maté – Quand le corps dit non – Le stress qui démolit

De nombreuses personnes en arrivent à réprimer leurs émotions afin d’être aimés et acceptés (peur de l’exclusion). D’autres développent une sensation d’isolation (indépendante de la véritable isolation physique).

Le facteur de risque de cancer qui concerne le plus les femmes semble être l’isolement social. Non seulement le fait d’être isolé, mais surtout le fait de se sentir isolé.

brain fog navire - comic

Les systèmes familiaux dans lesquels les enfants développent des maladies ont quatre caractéristiques communes :

  • l’enchevêtrement (inter-dépendances, intrusions…)
  • la surprotection (contrôle)
  • la rigidité
  • l’absence de résolution des conflits

Mais il ne sert à rien de blâmer les parents.
Surtout pas.
Cela n’arrangerait rien.

Les troubles crées chez les enfants sont transmis lorsqu’ils deviennent pas rents à leur tour. On a ainsi des familles avec des générations de maladies.

Il faut d’abord prendre conscience du phénomène, puis le neutraliser.

Comment guérir ?

À partir de ce constat, il ne s’agit pas de trouver une pilule issue des dernières avancées de la médecine, mais plutôt d’encourager la capacité de guérison naturelle du corps.

bonhomme content - dessin

Il faut pour cela acquérir la capacité de se regarder en face avec honnêteté et compassion. Sans voile. Nous voyons alors les parties de nous-mêmes qui étaient auparavant cachées dans l’obscurité.

À partir de ce moment là, nous pouvons identifier les moyens dont nous avons besoin pour prendre soin de nous.

Abandonner la pensée positive

La première étape pour retrouver le chemin de la santé consiste à abandonner notre attachement à ce que l’on appelle la pensée positive.

Cela va complètement à l’encontre de ce que l’on voit partout !
C’est contre-intuitif.
Et pourtant :

« Les patients qui ont rapporté peu de stress [psychologique] … et qui ont été évalués par d’autres comme étant ‘bien adaptés’, étaient plus susceptibles d’être décédés lors du suivi d’un an. »

Gabor Maté – Quand le corps dit non – Le stress qui démolit

Pour guérir, il est essentiel de trouver la force de penser négativement. La pensée négative n’est pas une vision lugubre et pessimiste qui se fait passer pour du « réalisme ». Il s’agit plutôt d’une volonté d’examiner ce qui ne fonctionne pas.

La pensée positive consiste à nier son anxiété et ignorer le négatif :
lorsqu’une personne n’a pas la capacité de ressentir la chaleur, le risque de se brûler augmente.

De nombreuses personnes sont accrochées au mythe de « l’enfance heureuse ». Elles s’interdisent alors d’y identifier les expériences négatives. C’est pourtant une étape indispensable pour mieux se connaître et s’épanouir. Un peu de pensée négative leur permettrait de voir au-delà de l’illusion qui les maintient dans des schémas comportementaux autodestructeurs.

Le but n’est toujours pas de blâmer les parents, les générations précédentes ou les conjoints, mais de nous permettre de nous défaire de croyances qui se sont avérées dangereuses pour notre santé.

Le pouvoir de la pensée négative exige la force d’accepter que nous ne sommes pas aussi forts que nous aimerions le croire.

« L’adaptation au mélanome de type C se caractérise par le fait que les patients acceptent d’avoir un mélanome, qu’ils se préoccupent davantage des membres de leur famille que d’eux-mêmes, qu’ils essaient de ne pas y penser, qu’ils s’adaptent en faisant preuve de persévérance et en essayant de rester occupés, qu’ils gardent leurs sentiments pour eux et qu’ils sont considérés comme forts et capables de gérer les choses. »

Gabor Maté – Quand le corps dit non – Le stress qui démolit

Le premier pas vers la guérison consiste à prendre soin de soi, avant même de considérer de s’occuper des autres.
Et si l’on en ressent un sentiment de culpabilité, c’est que l’on est sur le bon chemin !

Il ne s’agit certainement pas d’aimer tout ce que l’on découvre sur soi. La démarche consiste à se regarder sans jugement comme l’on regarderait toute autre personne qui souffre et qui a besoin d’aide.

La gestion de la colère

La négation de la colère, ou au contraire la rage, ne sont pas des façons d’exprimer sa véritable colère. Ce sont deux façons d’exprimer la peur de la colère.

Selon Gabor Maté, une colère saine est une source d’autonomie et de détente. L’expérience réelle de la colère « est une expérience physiologique sans passage à l’acte ». Elle est celle d’une montée de puissance qui traverse le système, accompagnée d’une mobilisation pour attaquer. Il y a, dans le même temps, une disparition complète de toute anxiété.

« Lorsque l’on commence à ressentir une colère saine, on ne voit rien de dramatique. Ce que vous voyez, c’est une diminution de toutes les tensions musculaires. La bouche s’ouvre plus largement, car les mâchoires sont plus détendues, la voix est plus grave, car les cordes vocales sont plus détendues. Les épaules tombent, et vous voyez tous les signes de tension musculaire disparaître. »

Gabor Maté – Quand le corps dit non – Le stress qui démolit

Bluffant, non ? !

Ma conclusion

J’ai dû volontairement omettre certains autres concepts tout aussi fascinants pour éviter que cet article ne soit encore plus long. Et parce que je ne vais pas réécrire tout le livre ! Je ne peux donc que vous conseiller une fois encore de lire ce livre :

De plus, cela vous permettra de mieux comprendre et donc de mieux combattre ces mécanismes destructeurs.

Et mon enfance alors ?

Je n’aborderai pas les détails de mon enfance que je considère comme personnels. Cependant, je peux vous affirmer que ce livre m’a permis un nouveau regard sur mon passé et de sortir du « mythe de l’enfance heureuse ».
Je me suis autorisé à voir le négatif.

Et ça fait beaucoup de bien !

Je sens déjà qu’un certain poids commence à disparaître : je me sens de plus en plus calme et serein.

Je ne sais pas encore si je devrais approfondir avec une thérapie ou non.
Pourquoi pas.

Je me demande si mon enfance pourrait à elle seule expliquer ma fatigue et mon brain fog. Auquel cas il y est peut-être vain de continuer à chercher une solution purement physiologique. Si les nerfs sont mal câblés dans mon cerveau, c’est ainsi et il faut l’accepter. Puis y remédier. Mais je ne sais pas ce qu’il en est vraiment, et je compte continuer à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour le découvrir.

Et vous ? Pensez-vous que des problèmes de votre enfance pourraient être à l’origine de votre pathologie ? Vous étiez-vous déjà posé la question ?
Laissez-moi un petit mot dans les commentaires, je vous lirai avec plaisir !

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3 réflexions sur « [Livre] « Quand le corps dit non – Le stress qui démolit, de Gabor Maté »

  1. Bonjour, effectivement ça a l’air très intéressant. Concernant les études citées dans le livre, peut on vérifier leur sérieux ? J’ai peur de tomber dans la psychobiologie qui n’est qu’une pseudo-science.

  2. Hello.
    Très intéressant cet article qui nous rappelle les liens entre le corps physique et émotionnel.
    Je me rends compte avec le temps que je traîne un karma et des traumatismes dont il est dur de trouver l’origine . Je peux identifier certaine façon de penser d’agir qui sont encrés en moi . Le fait de les mettre en lumière et de les conscientiser m’aider à les faire disparaître peux a peux.

    Voici un livre aie je n’ai pas encore lu mais qui rejoint le sujet
    La thyroïde et le mystère des émotions –
    Les glandes clés de la connaissance de l’homme

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