L’Acide Alpha Lipoïque : mode d’emploi !

L’acide alpha lipoïque, souvent appelé ALA (Alpha Lipoic Acid), est pour moi le roi des antioxydants. Et en plus de cela, il serait capable de faire sortir les métaux lourds (via un processus appelé « chélation »).

À mes yeux, il n’y a pas plus puissant !

Un antioxydant surpuissant

Un antioxydant omniprésent

L’acide alpha lipoïque est présent, en très petite quantité, dans presque tous les fruits et légumes (et plus fortement concentré dans : les reins, le cœur, le foie, les épinards, les brocoli et les extraits de levure1). Mais les quantités d’ALA apportées par l’alimentation sont en réalité trop faibles pour nous apporter une un coup de pouce.

mélange de fraises, bananes, poivrons, asperges, etc.

Heureusement, notre corps sait fabriquer l’ALA !

Un antioxydant endogène

Et oui ! Notre corps produit ses propres antioxydants  !

Voici quelques uns des antioxydants fabriqués par le corps (dits « endogènes »)  :

  • Glutathion
  • CoQ10
  • Superoxide dismutase
  • Acide urique
  • Acide Alpha Lipoïque
  • etc.

Voici au contraire des antioxydants que l’on ne fabrique pas, mais qui sont apportés par l’alimentation  :

  • Vitamine C
  • Vitamine E
  • Vitamine A
  • Polyphénols (dont flavonoïdes)
  • Caroténoïdes (dont béta-carotène et lycopène)
  • etc.

La synthèse de l’acide alpha lipoïque se déroule au sein des mitochondries, qui sont les éléments qui produisent de l’énergie pour le corps (appelé ATP).

Une mitochondrie ressemble à une toute petite andouillette, logée dans chaque cellule.

La supplémentation en ALA

Si le corps est capable d’en produire de lui-même, pourquoi donc se supplémenter en ALA ?

Et bien pour soutenir le corps et lui donner un coup de boost ! Imaginez une ville avec son système de ramassage des ordures. Si tout à partir d’un moment les ordures se produisent en quantité supérieure à ce que les camions peuvent ramasser, alors les ennuis commencent. Et bien dans le corps, c’est pareil : en cas de débordement, un coup de main venant de l’extérieur est toujours apprécié !

nettoyage avec un sceau et un balai - comic
Rien de tel qu’un peu de nettoyage du corps !

De très nombreuses études semblent indiquer que le stress oxydatif est associé à la pathogenèse du diabète, de l’obésité, du cancer, du vieillissement, de l’inflammation, des troubles neurodégénératifs, de l’hypertension, de l’apoptose (mort cellulaire), des maladies cardiovasculaires et de l’insuffisance cardiaque. Même si lutter contre ce stress oxydatif ne corrigera probablement pas l’origine de la maladie, il permettra de soutenir un métabolisme affaibli.

Oui, mais… pourquoi l’ALA ? On pourrait très bien se supplémenter avec un autre antioxydant, comme par exemple le glutathion, plus célèbre.

Non ?

Et bien non : malheureusement, lorsque nous avalons du glutathion, il est découpé afin d’être digéré et n’est pas resynthétisé. La supplémentation en glutathion n’a donc aucun effet.

A l’inverse, la supplémentation en ALA est efficace. Mais vous pourriez me dire, à juste titre, que la supplémentation en vitamine C est très efficace pour soutenir notre système antioxydatif. Mais c’est loin d’être la seule raison, alors continuez de lire !

bonhomme content - dessin

D’ailleurs, une efficacité optimale, on peut très bien combiner les antioxydants. Par exemple : ALA + vitamine C + vitamine E.

Attention : une étude sur des souris a montré qu’une supplémentation quotidienne en ALA sur toute la vie diminuait fortement la durée de vie2. Cette étude porte sur des souris spéciales (avec vieillissement accéléré), ce qui est difficile à comparer à l’homme. Cependant, cela est cohérent avec le fait que la prise d’antioxydants (de toutes formes) sur le long terme n’est pas recommandée. Il serait donc contre-indiqué d’en prendre de façon durable si vous êtes en bonne santé (comme par exemple pour améliorer les performances sportives).

C’est mêmes souris montraient cependant une réduction du stress oxydatif et une augmentation du niveau de glutathion dans le cerveau, supposant une amélioration des capacités cognitive (on pense notamment à la maladie d’Alzheimer).

Un antioxydant qui va partout

L’ALA possède la formidable propriété d’être soluble à la fois dans l’eau (hydrosoluble) et dans les graisses (liposoluble). Cela lui permet d’agir partout : à l’extérieur des cellules (car hydrosoluble) aussi bien qu’à l’intérieur (car liposoluble).

C’est également le cas de la célèbre vitamine C, que je recommande fortement.

Et ce n’est pas tout, l’ALA est également capable de traverser la barrière hémato encéphalique (qui sépare et protège le cerveau du reste du corps).

C’est également le cas de… la vitamine C, mais qui par contre ne peut pénétrer cette barrière que sous sa forme oxydée (appelée DHA).

La régénération d’autres antioxydants

Certains antioxydants sont capables d’en recharger d’autres : imaginez un méga-camion poubelle qui puisse décharger les plus petits sans pour autant se retrouver plein ! C’est notamment le cas de la vitamine C qui est capable de régénérer la vitamine E.

Dans ce domaine, l’acide alpha lipoïque est encore plus puissant que la vitamine C, puis qu’il peut recharger34 :

  • la vitamine C
  • la vitamine E
  • le glutathion
  • la thioredoxine (antioxydant intra cellulaire)

Wooooow ! ! ! Ça c’est du camion poubelle !
Le fameux glutathion qui ne peut pas être augmenté via la supplémentation peut donc être rechargé par l’acide alpha lipoïque. Et on recharge la vitamine C qui elle même est capable de recharger la vitamine E… Quel tour de force !

Acide alpha lipoïque et maladies

ALA et diabète

L’acide alpha-lipoïque possède des effets bénéfiques dans la prévention et le traitement du diabète. Il permet notamment de réduire le phénomène de résistance à l’insuline5.

ALA et obésité

L’ALA permet de contrer certains problèmes métaboliques et aiderait ainsi les personnes obèses à perdre du poids6

homme obèse - comic

Il va sans dire que cela ne se substitue nullement à la mise d’en place d’une activité physique et d’une alimentation adaptées.

ALA et autres pathologies

L’acide alpha lipoic permettrait d’apporter un soutien au corps pour les pathologies suivantes :

  • formation de la cataracte7
  • activation du VIH8
  • maladies neurodégénératives91011 (Alzheimer et Parkinson)
  • lésion par irradiation12
  • arthrite rhumatoïde13 (étude sur des souris, où l’ALA prévient la formation de l’arthrite mais protège également contre la destruction des os)
  • glaucome14 (cancer de la peau)
  • foie abîmé par l’alcool15

ALA et empoisonnement

Des perfusions d’acide alpha-lipoïque ont été utilisées pour essayer de traiter l’empoisonnement par le champignon amanite chez 75 patients patients entre 1974 et 1978. Habituellement, jusqu’à 50 % des patients se rétablissent sans intervention. Cependant, 89 % se sont rétablis après la perfusion d’acide alpha lipoïque16.

Amanite.

Même s’il n’est bien entendu pas question de s’amuser à s’empoisonner, cela donne cependant une idée de la puissance du machin !

ALA et métaux lourds

Alors là, je vais êtes honnête… ça se complique !

L’ALA est un « chélateur », ce qui signifie qu’il est capable d’attraper les métaux lourds (notamment le mercure, mais également d’autres) afin d’aider le corps à les faire sortir.

Jusque là, super.

Seulement voilà : lorsque la molécule arrive en fin de vie, elle perd sa capacité à contenir le mercure et se voit donc obligée de le libérer. La demi-vie de l’acide alpha lipoic est de 3h, ce qui signifie qu’au bout de ce temps, 50 % des molécules sont désactivées. Cela ne laisse finalement pas beaucoup de temps au corps pour faire sortir les métaux lourds ! Que se passe-t-il alors quand le mercure est remis en liberté ? Il retourne se loger dans le corps, à droite à gauche, en causant potentiellement des dégâts. On dit alors que le mercure se « redistribue ».

Comme l’ALA est capable d’atteindre le cerveau, elle peut y déloger le mercure. Et ça, c’est vraiment super. Mais la grande crainte, c’est que du mercure soit délogé du corps et redistribué vers le cerveau.
Catastrophe !

ne se sent pas très bien - comic

C’est pourquoi on préconise parfois de commencer la chélation avec d’autres produits (tels que DMSA ou DMPS), afin de commencer par dépolluer le corps sans toucher au cerveau. C’est notamment le cas du protocole d’Andrew Cutler. Ce dernier consiste également à prendre de l’ALA toutes les 3h (nuits comprises), afin que le mercure libéré par la fin de vie des molécules soit (autant que possible) récupéré par les nouvelles molécules fraîchement ingérées.

ALA et fatigue chronique

Parmi les théories sur les causes de fatigues chroniques, il y en a une qui s’intéresse aux dysfonctionnement des mitochondries17, qui produisent notre énergie. Or, l’ALA est non seulement produit au niveau des mitochondries, mais il y joue également un rôle important pour la production d’énergie. La supplémentation en ALA pourrait donc améliorer le fonctionnement des mitochondries et diminuer la fatigue.

content au lit - bien dormi - comic

Pourtant, encore aucune étude n’a été menée à ce jour pour observer l’effet de l’ALA sur la fatigue chronique.
On reste donc sur une possibilité théorique… mais pourquoi pas ? !

Retour sur la supplémentation

Quel dosage ?

Là aussi, c’est compliqué !

Le protocole d’Andrew Cutler recommande une grande prudence (à cause de la redistribution) en commençant avec des mini doses :
12,5 mg, 8 fois dans la journée (=100 mg).

Pourtant, de nombreuses études on constaté que l’ALA ne présentait aucun danger avec des doses recommandée de 600 à parfois 1800 mg par jour18.

Effets secondaires

De l’urticaire et des démangeaisons ont été les effets indésirables les plus fréquents dans les groupes traités par l’acide alpha-lipoïque, mais ils sont généralement légers et transitoires19.

Pour ma part, quand j’en prends trop, j’ai en effet la peau qui me gratte. Je mets alors en pause la supplémentation et tout rentre dans l’ordre en 1 à 2 jours.

ALA et grossesse ?

femme enceinte - comic

La grossesse ne semblerait pas être une contre-indication de l’acide alpha lipoic20.

Je pense cependant que je ne prendrais pas le risque en cas de mercure fortement présent dans le corps, car l’embryon absorbe (malheureusement) très facilement le mercure.

La présence de métaux lourds peut se tester de différentes manières :

Je recommande cette dernière approche (les cheveux) que l’on peut faire simplement de chez soi et qui ne présente absolument aucun risque.

Alors… on fait quoi ?

Après la lecture de cet article, vous devriez vous sentir un peu perdu, voire confus. Qu’est-ce que c’est que cette molécule miracle qui risque de nous déplacer du mercure dans la tête ?

Et bien… tout n’est pas toujours simple, et pour être honnête je ne peux pas vous dire si vous devriez en prendre ou non.

Par contre, je peux vous donner mon expérience !

stéphane à la plage

Ce que je peux vous dire, par contre, c’est que j’ai pour ma part essayé le protocole d’Andrew Cutler : j’ai trouvé cela difficile et contraignant, et j’ai eu finalement peu de résultats alors j’ai arrêté (34 rounds en l’espace de 2 ans). Puis j’ai décidé d’essayer des doses plus élevées : 100 mg et plus. Il y a eu des petits hauts et bas, mais dans l’ensemble je le supporte finalement plutôt bien. Je n’ai pour l’instant pas dépassé 600 mg par prise ou 9OO mg par jour.

Quand je le prend avant de me coucher, j’ai l’impression de dormir plus profondément. Mais pour l’instant, pas de miracle.

Voilà ! Je fais généralement des essais pendant quelques jours, puis je n’hésite pas à faire une pause de plusieurs jours également, afin de laisser à mon corps le temps de récupérer et éviter toute accoutumance. C’est une approche personnelle, d’autres préféreront se supplémenter en continu (mais attention à la prise sur le « trop » long terme dont les effets sont encore méconnus et potentiellement dangereux).

J’ai parfois l’impression de jouer à l’apprenti sorcier, mais je me suis pourtant très bien documenté avant de me lancer.

Je vous rappelle au passage que je ne suis pas médecin et que la décision vous appartient.

Vous prenez déjà de l’ALA ? Laissez-moi un petit message dans les commentaires, je vous lirai avec plaisir, et peut-être qu’il aidera d’autres lecteurs à s’orienter.

  1. Determination of free α-lipoic acid in foodstuffs by HPLC coupled with CEAD and ESI-MS
  2. Effect of alpha-lipoic acid on memory, oxidation, and lifespan in SAMP8 mice
  3. Alpha-lipoic acid : Molecular mechanisms and therapeutic potential in diabetes
  4. The pharmacology of the antioxidant lipoic acid
  5. Alpha-lipoic acid : Molecular mechanisms and therapeutic potential in diabetes
  6. Effects of Alpha-Lipoic Acid on Body Weight in Obese Subjects
  7. The potent free radical scavenger α-lipoic acid improves memory in aged mice : Putative relationship to NMDA receptor deficits
  8. The endogenous cofactors, thioctic acid and dihydrolipoic acid, are neuroprotective against NMDA and malonic acid lesions of striatum
  9. Inhibition of L-homocysteic acid and buthionine sulphoximine-mediated neurotoxicity in rat embryonic neuronal cultures with alpha-lipoic acid enantiomers
  10. Protection against genotoxic damages following whole body gamma radiation exposure in mice by lipoic acid
  11. Alpha-lipoic acid suppresses the development of collagen-induced arthritis and protects against bone destruction in mice
  12. Lipoic acid as a means of metabolic therapy of open-angle glaucoma
  13. Treatment of alcohol-related liver disease with thioctic acid : a six month randomised double-blind trial.
  14. Bartter FC, Berkson BM, Gallelli J, et al. Thioctic acid in the treatment of poisoning with alphaamanitin. In : Faulstich H, Kommerell B, Wieland T, eds. Amanita Toxins and Poisoning. Baden-Baden, Germany : Verlg Gerhard Witzstrock ; 1980:197-202.
  15. Mitochondrial Dysfunction and Chronic Disease : Treatment With Natural Supplements
  16. Effects of Alpha-Lipoic Acid on Body Weight in Obese Subjects
  17. Effects of Alpha-Lipoic Acid on Body Weight in Obese Subjects
  18. Alpha lipoic acid in obstetrics and gynecology
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8 réflexions sur « L’Acide Alpha Lipoïque : mode d’emploi ! »

  1. Bonjour, superbe analyse ! Pourriez-vous m’indiquer combien de temps vos avez pratiqué le protocole Cutler ? Apparemment il faudrait le faire sur le long terme pour avoir des effets positifs ? Merci de votre retour

  2. Hello! Moi, ça fait 18 mois que je fais scrupuleusement le protocole Cutler toutes les semaines. Oui c’est contraignant mais oui, j’ai d’excellents résultats! (je reviens de loin) Forme, mémoire, clarté d’esprit, plus de tremblements ni de vertiges ni de nausées! Bon courage, c’est un protocole fabuleux, mais qu’il convient de suivre au pied de la lettre pour assurer son efficacité!

    1. Ah c’est super ça.
      Moi à part le fait que j’ai fait des pauses, je l’ai suivi à la lettre mais sans résultats.
      Et j’en connais d’autres pour qui ça n’a pas marcher.
      Comme quoi on réagit tous différemment !

      1. C’est décourageant 2 ans sans résultats…mais on peut pas savoir à l’avance si ça fonctionne ou pas.Peut être aurait t’il fallu persévérer. Le protocole est contraignant et personne pour vous suivre en cas de souci hormis les personnes du groupe Cutler, du coup ça peut également décourager. Mais bon qui ne tente rien….. Pourriez vous m’indiquer sur quel site vous vous êtes procuré les chélateurs ?

  3. Bonjour ♫ J’apprécie beaucoup lire vos articles mais atteinte d’un glaucome j’ai eu la surprise de lire votre description ; glaucome14 (cancer de la peau)… que dois je comprendre ? l’ALA est préconisé pour l’un ou pour l’autre ?
    Merci et excellente journée à Vous ♫
    [email protected]
    pour une réponse discrète après rectification sur votre article

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